Compte rendu

 

N°1, mai - août 2008

Eric ANCEAU, Napoléon III, Tallandier, 2008, 752 pages, 978-2-84734-3434

Difficile d’imaginer un exercice plus nécessaire, mais aussi plus périlleux que la rédaction d’une biographie de Louis Napoléon Bonaparte. Nécessaire, parce que ce Prince, premier Président de la République française et dernier monarque à régner en France, fut incontestablement l’un des plus éminents hommes d’Etat de son siècle, dont il incarnait avec éclat toutes les grandes tendances culturelles et intellectuelles, du romantisme au saint-simonisme. Nécessaire, aussi, parce qu’il transforma les structures économiques et le tissu social du pays, tout en laissant une empreinte profonde sur la culture politique française (le « bonapartisme » de la Ve République est beaucoup plus redevable à son héritage politique qu’à celui de son oncle). Nécessaire, enfin, parce que sa vie fut plus extraordinaire qu’un roman. Tout était démesuré chez ce deuxième fils de la Reine Hortense, du culte qu’il vouait à Napoléon Ier et à sa mère jusqu’à son ambition dévorante -- pour lui-même et pour la France --, en passant par sa ténacité, ses triomphes et ses malheurs, sans oublier son appétit sexuel.

 

Mais l’exercice est en même temps hautement périlleux : d’abord parce que l’homme était depuis sa plus tendre enfance notoirement taciturne et réservé, et donc difficile à pénétrer – souvent même pour ses intimes ; aussi parce que sa vie publique et son bilan furent remarquablement contradictoires (sa politique fut, à divers instants et parfois d’un moment à l’autre, républicaine et bonapartiste, catholique et anti-cléricale, socialisante et conservatrice, émancipatrice des peuples opprimés et promotrice d’un ordre réactionnaire ; rousseauiste et machiavélique) ; également parce qu’il fut pendant sa vie l’objet des rumeurs les plus folles (touchant tous les sujets, depuis l’identité véritable de son père jusqu’à son empoisonnement supposé par des macaronis) ; et surtout parce que Napoléon III a inspiré chez ses détracteurs de tous bords (qu’ils fussent républicains, catholiques, monarchistes, ou libéraux) une aversion tenace, symbolisée dès l’après deux-décembre par les fulminations de son ancien admirateur Victor Hugo. On pourrait même aller plus loin : s’il est un seul homme-épouvantail dans la mythologie nationale, une figure fantasmagorique qui a su concentrer sur sa personne tous les attributs du maléfisme politique, c’est bien Louis Napoléon Bonaparte : il fut l’archétype du bourreau, du corrupteur, du félon, de l’imposteur et – deux décembre oblige -- du parjure.

 

Eric Anceau nous mène à la découverte de ce personnage labyrinthin d’un pas remarquablement assuré. Cette magnifique biographie, le fruit de quinze années de recherches, tient le pari d’offrir un récit parfaitement rythmé de la vie publique et privée louis-napoléonienne. Anceau reconstruit de manière exemplaire ses idées et ses intentions, et fournit une narration « centrée délibérément sur l’homme » mais toujours sensible aux contextes politiques, culturels et institutionnels dans lesquels évoluait Napoléon III, et aux contraintes qui pouvaient entraver son action et son jugement. Cette dialectique entre le volontarisme débridé de Louis Napoléon et les limites politiques (et physiques) à son action est un des leitmotivs de l’ouvrage. C’est sa détermination, nourrie par sa foi inébranlable dans sa bonne étoile napoléonienne, qui poussa le jeune Prince aux échauffourées désastreuses de Strasbourg et de Boulogne en 1836 et 1840, qui se conclurent par sa condamnation à la prison à perpétuité au fort de Ham. Mais ce fut la même détermination qui l’incita à s’évader en 1846, et guida son « instinct politique sur » en 1848, l’amenant à conquérir légalement le pouvoir alors qu’il était sous-estimé (pour ne pas dire ridiculisé) par la classe politique. Anceau fait également ressortir la détermination du Prince-Président après 1848, tirant adroitement son épingle du jeu grâce à son coup d’état mûrement réfléchi de Décembre 1851 -- malgré l’opposition des notables de l’Assemblée, de l’extrême-gauche et de certains éléments-clé de l’Armée (dont le Général Changarnier, qui l’avait traité de « perroquet mélancolique » ; l’officier ne fut ni le premier ni le dernier à payer au prix fort sa sous-estimation de Louis Napoléon). Une fois l’Empire rétabli, Napoléon III régna d’abord en « cavalier autoritaire », piétinant toute opposition à son pouvoir, et livrant dans la foulée deux campagnes victorieuses en Crimée et en Italie. Après 1859, l’Empereur choisit un changement de cap, devenant le « promoteur » d’une libéralisation politique qui se concrétisa à la fin des années 1860 par l’Empire libéral, entreprise échafaudée autant par sincérité que par calcul politique (chez ce grand pragmatique qu’était Napoléon III, ces deux choses étaient parfaitement compatibles). Car le pouvoir de l’Empereur était miné dans les années 1860 par le poids grandissant des contraintes : l’opposition à sa politique réformatrice parmi les élites impériales (dont l’Impératrice Eugénie), la force montante des libéraux et des républicains, et (surtout) l’effet débilitant de la maladie de la pierre qui le rongeait, et qui dénatura sans doute son jugement au moment du déclenchement de la guerre contre la Prusse en 1870, dont l’issue calamiteuse fut fatale à son pouvoir.

 

L’ouvrage brosse un tableau captivant et nuancé du pouvoir louis-napoléonien. Au coeur du système politique du Second Empire était le principe de la suprématie absolue du pouvoir de l’Empereur. Même sous l’Empire libéral, Louis Napoléon restait intraitable sur cette question : Anceau cite une lettre très sèche de l’Empereur au Prince Napoléon, en Mars 1870, récusant formellement l’idée d’un régime parlementaire qui aurait fait de lui un monarque constitutionnel. Il rejetait avec force le parlementarisme, qu’il pensait foncièrement inadapté aux conditions politiques françaises (comme le dit plus crument Tocqueville, dans un portrait de Louis Napoléon cité en annexe : « le trait caractéristique et fondamental de son esprit, en matière politique, était la haine et le mépris des assemblées »). Les Ministres de Napoléon III ne furent donc dans son esprit que de simples exécutants de sa politique. Il chargea ainsi Rouher de défendre le tournant libéral pris en 1867, malgré l’opposition acharnée du « vice-empereur » à toute démocratisation politique ; certains Ministres prirent connaissance des nouvelles initiatives de leur Ministère en lisant Le Moniteur (tradition régalienne reprise par la Cinquième République). Ce volontarisme monarchique – qui s’inscrivait dans la plus pure tradition napoléonienne – fut sans conteste néfaste à certains égards, notamment de par le vide qualitatif qu’il engendra progressivement autour de l’Empereur (au moins Napoléon Ier eut-il les grands maréchaux, Fouché et Talleyrand…) ; Napoléon III reconnaissait d’ailleurs volontiers les « faiblesses » de son entourage. En même temps, ce volontarisme fut indéniablement à l’origine des plus grandes réalisations politiques et économiques du régime, du rétablissement du suffrage universel en 1851 à la transformation de l’urbanisme Parisien, sans oublier l’extension du réseau ferroviaire, la conclusion du traité de libre-échange avec l’Angleterre et les deux grandioses Expositions Universelles, « apothéoses du Saint-Simonisme » louis-napoléonien. Anceau souligne également le caractère visionnaire de la politique algérienne de l’Empereur, qui traversa la Méditerranée à deux reprises, et tenta d’amorcer une politique d’intégration des populations européennes et musulmanes en Algérie. Ceci ne signifiait pas pour autant que Napoléon III arrivait toujours à imposer son point de vue. Parmi les multiples contributions de l’ouvrage d’Anceau est la lumière fascinante qu’il projette sur les débats internes au sein de l’élite impériale – au Conseil d’Etat ou au Conseil Privé, au Corps Législatif et au Sénat. Pendant toute la durée du Second Empire, ces discussions, bien que feutrées, furent souvent vigoureuses, et parfois houleuses. Elles pouvaient infléchir la volonté de l’Empereur, et même parfois contrecarrer ses objectifs (ou du moins retarder leur mise en pratique). Ces débats montrent dans leur ensemble que, malgré son centralisme monarchique et ses pulsions autoritaires, le régime fut toujours marqué au sommet par un certain pluralisme, voire même une certaine fragilité.

 

Napoléon III comprit également que la légitimité de son pouvoir ne pouvait reposer sur sa seule autorité et celle du suffrage universel : le pouvoir politique devait aussi se manifester dans l’espace, se mettre en scène. Ainsi, il donna une véritable assise à la cour impériale ; Anceau note avec raison que le Second Empire produisit « la seule cour digne de ce nom » en France au dix-neuvième siècle. Il décrit élégamment les fastes et les rites de la vie courtisane dans les divers palais impériaux (les Tuileries, Saint-Cloud, Fontainebleau, Compiègne), ainsi que dans les lieux de villégiature privilégiés par la famille impériale (Vichy, Biarritz). Les adversaires de l’Empereur eurent beau jeu de flétrir l’éclat de la luxure impériale, aux antipodes de la sobre modestie orléaniste et l’austère vertu républicaine. Mais le faste du Second Empire reflétait une conception radicalement moderne de la projection du pouvoir, que ce soit à travers la propagande (qui occupa toujours une place de choix dans la politique du régime impérial) ou encore les voyages de l’Empereur en province (innovation qui permettait à Napoléon III non seulement d’aller à la rencontre de son peuple, et de s’informer de l’état de l’opinion, mais aussi de rendre visible son pouvoir). Cette mise en scène d’un pouvoir majestueux trouvait son apothéose dans les fêtes impériales, en particulier la fête nationale du 15 Août : grandioses réjouissances césaristes (comme à Paris ou dans les grandes villes de province) ou célébrations intimistes du civisme, du patriotisme et de la religiosité communales, ces manifestations permirent au régime de renforcer son pouvoir en affermissant le culte de l’Empereur et de la tradition napoléonienne, et en célébrant la mémoire des vieux débris de la Grande Armée, honorés dans toute la France par la Médaille de Sainte-Hélène. Après 1875, et notamment avec la création de la fête du 14 juillet en 1880, les républicains s’inspirèrent décisivement de ce modèle festif louis-napoléonien ; ici, comme dans beaucoup d’autres domaines, le Second Empire anticipa l’ordre républicain qui lui succéda.

 

Grâce à son dépouillement exhaustif des archives (dont celles de l’Empereur lui-même), Anceau arrive également à se glisser sous l’écorce louis-napoléonienne pour nous livrer les ressorts de la pensée et de la vie intérieure de celui qui fut souvent surnommé « le sphinx ». Sa conception personnelle du bonapartisme, formulée pour la première fois dans son ouvrage Des Idées Napoléoniennes (1839), était relativement cohérente, et inspira sa démarche politique jusqu’à la fin de son règne. Napoléon III refusa toujours de se considérer comme un « idéologue », s’opposant notamment (et malgré les instances répétées de son entourage) à la création d’un « parti » bonapartiste sous le Second Empire. Ses principes fondamentaux étaient éclectiques, puisés aux sources du napoléonisme (l’ordre, l’autorité, la religion, la dignité nationale) mais aussi du républicanisme (la souveraineté populaire, le suffrage universel), du socialisme (l’amélioration du sort de la classe ouvrière) et du saint-simonisme (la modernisation économique, la politique comme « administration des choses »). L’Empereur était naturellement bon et généreux de caractère, et il pardonnait facilement : ainsi, dès son élection à la Présidence de la République, il voulut amnistier les condamnés de Juin 1848 (le Conseil des Ministres refusa à trois reprises de le suivre) ; il fit réviser les peines lourdes infligées par les Commissions Mixtes après le coup d’état de 1851, et prononça régulièrement des amnisties tout au long de son règne ; et lors de sa visite à Boulogne en 1854 il décora les militaires qui l’avaient arrêté en 1840. Il était d’une grande fidélité envers ses proches (Mocquard, Fleury, le brave docteur Conneau) mais malheureusement pas envers son épouse, qui dut subir les humiliations répétées d’un mari presque outrageusement libertin. Anceau démonte également la légende noire de l’Impératrice Eugénie, qui fut vilipendée en raison de ses origines étrangères et son catholicisme ardent ; dans les années 1860, des rumeurs les plus extravagantes circulaient sur elle (on racontait notamment qu’elle avait abandonné l’Empereur et qu’elle était partie vivre à Rome chez le Pape). Elle émerge au contraire comme une personnalité forte, tendrement attachée à son fils, et d’une grande lucidité politique (elle comprit notamment que le coup d’état était un « boulet » que Louis Napoléon trainerait jusqu’à la fin de ses jours) ; sans sa prévoyance et son soutien financier, l’Empereur n’aurait pas vécu dans l’aisance pendant son dernier exil à Chislehurst. L’ouvrage souligne de manière plus générale l’importance de la famille napoléonienne pour l’Empereur, et notamment l’une des figures les plus attachantes du Second Empire : le Prince Napoléon. « Plon-Plon », fils de Jérôme et personnage au tempérament fort (et au libéralisme prononcé), se brouilla souvent avec son cousin – notamment après le 2 décembre (qu’il condamna fermement), et plus tard sous l’Empire libéral, où il reprochait à Napoléon III de manquer de zèle réformateur. Mais les deux hommes restèrent néanmoins proches ; peut-être en raison de sa longue fidélité (il avait été l’un des rares membres de sa famille à ne pas l’abandonner lors de son incarcération au fort de Ham), l’Empereur fit toujours preuve d’une grande indulgence envers son remuant cousin.

 

Dans son évaluation du bilan de Napoléon III, Anceau se montre tout à la fois compréhensif, rigoureux, et intègre : s’il n’hésite pas à manifester son admiration pour certaines qualités de l’homme (son volontarisme, son ouverture sur le monde, son pragmatisme, sa ténacité) ainsi que pour ses grandes réalisations politiques et économiques, il ne cache pas non plus ses critiques des fautes publiques et privées de l’Empereur – notamment la répression politique arbitraire des années 1850, le déclenchement de la guerre de 1870, ou encore son comportement désobligeant envers son épouse. Le seul reproche qu’on pourrait adresser à Anceau est sa tendance – d’une certaine manière, inhérente au genre biographique lui-même – à exagérer la cohérence de l’action louis-napoléonienne, et à minorer ses ambigüités, ses paradoxes, et ses contradictions. Prenons un exemple fondamental : la libéralisation politique des années 1860. Anceau présente le phénomène comme découlant de choix délibérés et linéaires de l’Empereur (les titres des chapitres sont éloquents : « le promoteur de la libéralisation » ; « le créateur de l’Empire libéral »). La réalité, comme l’ouvrage lui-même le démontre, est plus complexe et moins cohérente : lors des élections législatives de 1863, Napoléon III ne soutint-il pas Persigny, partisan d’une politique autoritaire, contre son demi-frère Morny, qui le poussait vers une politique d’ouverture ? De même, à la fin des années 1860, l’Empereur était manifestement en retrait par rapport aux velléités réformatrices d’un Prince Napoléon ou d’un Emile Ollivier. Il y a ici également un facteur capital dans l’histoire de l’évolution libérale de l’Empire, et qui n’est pas suffisamment pris en considération par Anceau : le développement des libertés locales. A partir des élections municipales de 1865, le mouvement vers l’Empire libéral n’était pas seulement une question de « haute » politique, débattue par les élites parisiennes, mais aussi une réalité réclamée et pratiquée à l’échelle communale par des milliers d’acteurs locaux : préfets, sous-préfets, maires, et conseillers municipaux ; cette pression des forces « périphériques » joua un rôle essentiel dans l’évolution politique du régime. Miné par la maladie, balloté entre ses propres partisans et les promoteurs d’un ordre politique plus souple à Paris, et sensible aux clameurs libérales émanant de la France profonde, l’Empereur savait-il vraiment ce qu’il voulait en 1869-1870 ? Son comportement était des plus contradictoires : tantôt il sacrifiait Victor Duruy, l’un de ses meilleurs ministres, pour donner des gages à la droite cléricale ; tantôt, il nommait Emile Ollivier, et présidait le conseil des Ministres de manière collégiale,

alors qu’il insistait auprès de ses proches sur son refus de devenir un monarque constitutionnel. Et que dire de la guerre suicidaire déclenchée contre la Prusse, alors même que venait de triompher la promesse pacifique d’un Empire libéral ? Nous étions bien loin de son fameux discours de Bordeaux, où il affirmait : « l’Empire c’est la paix ».

 

Loin d’être décisive, la politique de Napoléon III était donc surtout frappée du sceau de l’ambigüité. Anceau reprend à son compte la distinction entre le « napoléonisme » (l’attachement sentimental à la mémoire de Napoléon Ier) et le « bonapartisme » (la doctrine politique et la pratique institutionnelle du régime louis-napoléonien). Mais cette distinction ne résout pas vraiment le mystère louis-napoléonien. Quelle était la véritable doctrine bonapartiste : celle de l’Empire autoritaire (apogée du régime, selon Anceau) ou celle de l’Empire libéral ? Sur la plupart des questions sociales et politiques dont il soulignait lui-même le caractère fondamental  – l’amélioration de la condition ouvrière, la décentralisation administrative, la promotion de la liberté politique, la libération de l’Italie, ou encore le développement de l’enseignement laïc – Napoléon III prit des initiatives hardies, souvent courageuses, parfois même dangereuses pour son pouvoir. Mais il n’arriva jamais à les concrétiser, comme le notaient déjà ses contemporains les mieux avisés. Après avoir salué nombre de ses qualités -- sa patience, son sang-froid, sa volonté, et la fécondité de son esprit --, Charles de Rémusat concluait : «  comme homme d’exécution, il ne se maintient pas au même rang ; il n’a ni présence d’esprit, ni ressources ; il est embarrassé et indécis ». C’est dans ce domaine que le contraste était le plus frappant entre le neveu et son oncle, et c’est peut-être ce qui explique la fascination presque mimétique de Louis Napoléon pour le fondateur de la dynastie impériale : le jeune Prince était obsédé par le Mémorial de Sainte-Hélène, dont il connaissait certains passages par cœur ; les affaires de Strasbourg et de Boulogne furent calquées sur le retour de l’aigle en 1815 ; et son élection à la Présidence en 1848 se déroula entièrement sous le signe du messianisme napoléonien. Anceau nous révèle que cette obsession mémorielle se maintint sous le Second Empire : Louis Napoléon conserva dans son portefeuille – jusqu’à sa mort -- le billet dans lequel Napoléon Ier complimenta sa mère Hortense, au moment de sa naissance ; lors de la campagne d’Italie en 1859, l’Empereur se rendit au site de Marengo, où il se fit lire le récit de la bataille rédigé par Thiers ; et à la fin de l’année 1872, alors qu’il n’avait plus que quelques semaines à vivre, il envisageait encore de rentrer en France à la faveur d’une conspiration, en quête d’une glorieuse réhabilitation et d’une ultime aventure. L’enfant chéri d’Arenenberg resta donc, jusqu’à la fin de ses jours, le fils de la légende napoléonienne.

Sudhir HAZAREESINGH

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