N°6, novembre - décembre 2009

Premier Empire

Histoire politique, Institutions

Du centralisme au fédéralisme. Quand le Premier Consul reformulait les institutions politiques de la Suisse entre 1801 et 1803. (2e partie)
Alain-Jacques CZOUZ-TORNARE, Historien des relations franco-suisses, Docteur en Histoire, Université Paris-Sorbonne (France)
RésuméAbstract

Les premières années du XIXe siècle comptent parmi les plus étonnantes et déterminantes de l’histoire suisse, laquelle, pour cette époque du moins, ne peut être étudiée que dans le cadre des relations franco-helvétiques. Son histoire reste largement à écrire, tant d’aspects ayant été soigneusement occultés au fil du temps. Preuve de son importance, le dossier helvétique accapara Napoléon Bonaparte et ses meilleurs diplomates durant de longs mois en 1801 puis à nouveau en 1802-1803. La bienveillance dont fit preuve Napoléon Bonaparte à l’égard des Suisses reste pour beaucoup une énigme. Napoléon a eu de la Suisse dans les idées… Les résultats sont à la hauteur des efforts consentis. Le 19 février 1803, le Premier Consul procure, avec l’Acte de Médiation qu’il donne à la Suisse, dix années de paix. En restructurant de force la Suisse, en rééquilibrant le poids de ses différentes composantes et en établissant l'égalité de droit entre les cantons et les anciens territoires sujets ou alliés, le Médiateur Napoléon Bonaparte crée les conditions-cadres qui ont permis aux Confédérés de faire l’apprentissage du fédéralisme suisse moderne et pose ainsi les fondements de l'Etat fédéral tel qu'il parviendra à s'imposer en 1848. La démocratie de concordance fondée sur la recherche du consensus est expérimentée de 1803 à 1813, ce qui n’allait pas de soi. La Suisse s’est alors construite contre les Suisses eux-mêmes.

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