N°3, novembre - décembre 2008

Second Empire

Idées

Le mythe de la Quatrième race sous le Second Empire
Juliette GLIKMAN, Centre de recherches d'histoire du XIXe, Paris 1 - Paris 4
RésuméAbstract

Le Second Empire s’est avéré soucieux d’étayer ses titres au gouvernement de la France, afin de conjurer l’image propagée par l’opposition en exil d’un régime né d’un coup de force, et voué à la fortune des circonstances. Or, c’est bien le cœur de la doctrine : non un pouvoir précaire, justifié par la capacité d’un homme exceptionnel à mettre fin à une situation hasardeuse, mais une dynastie prédestinée à l’exercice perpétuel de l’autorité. L’idée napoléonienne ne saurait se limiter à un usage instrumentalisé du plébiscite. Les votes, même unanimes, ne suffisent nullement à sanctionner une légitimité dynastique. Dès le début du règne de Napoléon III, se met en place une machine argumentative qui renouvelle le mythe des Napoléon, quatrième des races régnantes françaises, réinterprétant une propagande datant du Premier Empire. Nuançant le mythe du sauveur, figure réservée à son oncle, Louis-Napoléon tente de promouvoir un légitimisme dynastique apte à s’inscrire dans une norme héréditaire, la monarchie apparaissant comme le régime naturel de la France. La quatrième race renouvellerait la succession des monarques légitimes qui ont régné sur la France depuis la figure mythique de Pharamond, tout en renvoyant les Bourbons à leur obsolescence. A cet égard, l’élévation de Louis-Napoléon à l’Empire est placée explicitement dans la suite des pratiques franques, inscrivant la geste napoléonienne dans le prolongement d’une tradition propre au sol national.

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