N°2, octobre - novembre 2008
Premier Empire
Idées, Histoire politique
Complot, trahison, émigration ! L’Hydre de Lerne de la France du XIXe siècle (De la Révolution à la Troisième république)
Emmanuel de WARESQUIEL, Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, docteur en histoire, ingénieur de recherches à l'École pratique des hautes études (France, Paris)
RésuméAbstract
La Révolution s’est faite contre l’aristocratie qu’elle exclut de la nation. Avant même 1789, le privilège ressenti avec Sieyès comme une sorte de corruption de l’idée de loi qui règle la vie de la communauté, la désigne et la condamne tout à la fois autour de l’opposition, sans cesse reprise par la suite des intérêts généraux et des intérêts particuliers, de l’utile et de l’inutile, de la norme et de sa dégénérescence. Contre l’aristocrate devenu l’émigré, donc le traître comploteur, le républicain –donc : le patriote- lutte légitimement, avec les armes qu’il jugera utile d’utiliser. Ce thème naît avec la Révolution et se perpétue dans l’histoire politique française, jusqu’à une époque récente.
The Revolution was undertaken against the aristocracy, and it banished that class from La Nation. Even before 1789, privilege was felt to be (in accordance with Sieyès theories) a sort of corruption of the idea of the law governing the life of the community, it marked the aristocracy out and condemned them, and this corruption was expressed in the contradistinction - ceaselessly trotted out in order to defend both general and private interests - of the useful and the useless, of the norm and the degeneration of that norm. The Republican (hence patriot) could therefore legitimately fight against the aristocrat (now émigré and so treacherous plotter), using whatever arms felt appropriate. This theme appeared with the Revolution and remained a permanent feature in French political history until very recently.