N°2, octobre - novembre 2008

Premier Empire

Diplomatie

Les relations franco-marocaines sous le Consulat et l’Empire, par Thierry Lentz
Thierry LENTZ, Historien, directeur de la Fondation Napoléon (Paris)
RésuméAbstract

Si l’Afrique du Nord passionnait moins les Français que l’Orient, le gouvernement napoléonien et les milieux d’affaires n’ignoraient rien de son importance. Elle pouvait constituer un point de contrôle de la Méditerranée et, par la diversité de ses productions, participer au développement du commerce extérieur. Parmi les entités nord-africaines, le Maroc pouvait être un partenaire particulièrement intéressant. Royaume millénaire et indépendant, il était le seul État musulman riverain de la Méditerranée ne dépendant pas de l’Empire ottoman dont les trois autres territoires (Alger, Tunis, Tripoli) constituaient des « régences », gouvernées par des Deys, dépendant nominalement du sultan de Constantinople. Il ne rejetait pas les échanges commerciaux avec l’Europe, luttait contre la piraterie et jouissait d’une organisation étatique moderne (encore qu’un peu incompréhensible aux Européens). Il contrôlait une des rives du détroit de Gibraltar. Napoléon s’intéressa donc à ce pays pour des raisons commerciales et, surtout, stratégiques. D’abord assez lâche, les relations franco-marocaines parurent se réchauffer au moment de Tilsit. Cette avancée fut gâchée par l’occupation de l’Espagne et les prétentions impériales qui poussèrent finalement le Maroc dans les bras de l’Angleterre.

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